Affichage des articles dont le libellé est guérison. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est guérison. Afficher tous les articles

mercredi 10 juin 2009

Les thérapies énergétiques

Les thérapies énergétiques, par Eric Forgues et Carolji Corbeil, parution dans le Magazine Ciel et Terre, août 2004, Nouveau-Brunswick.

Un vent de changement souffle dans les pratiques de soins et ce vent pénètre même les murs des centres hospitaliers. Il annonce un changement à venir dans l’approche en matière de soins. Les thérapies énergétiques, comme le Qi Jong, le Reiki, le toucher thérapeutique1 et le Healing Touch, sont de plus en plus pratiquées dans notre société et même dans les hôpitaux.

Le Qi Jong est une technique ancestrale de stimulation et d’équilibre du chi qui provient de Chine. Le Reiki est une technique semblable qui a été enseignée au XXe siècle par Mikao Usui au Japon et qui s’est transmise en Occident par Hawayo Takata. Le toucher thérapeutique a été développé dans les années 1970 par Dora Kunz et Dolores Krieger et consiste en une technique d’imposition des mains sur les chakras2 (centres d’énergie) afin de stimuler et équilibrer la circulation de l’énergie. Quant au Healing Touch, il a été développé plus récemment, dans les années 1980, par Janet Mentgen, une étudiante de Dolores Krieger, en s’appuyant sur les mêmes principes mais en intégrant d’autres techniques. Toutes ces techniques sont fondées sur une forme de toucher ou de transmission énergétique. Elles reposent sur le fait que l’être est d’abord énergie et vibration, le corps physique n’étant qu’une forme plus dense d’énergie.

L’énergie a différentes appellations selon les cultures (le chi ou le ki au Japon ou en Chine, le prana en Inde, le souffle ou l’esprit chez les Occidentaux). Il importe de savoir que, comme la matière, l’énergie a différentes qualités (vibration, couleurs) et qu’elle est de nature spirituelle, c’est-à-dire qu’elle est liée à la conscience. Rappelons-nous la célèbre formule de Einstein « E=mc2 » qui signifie que la matière est énergie. L’énergie enveloppe le corps physique et le traverse de toutes parts à travers les méridiens (canaux énergétiques). Chaque chakra est le point de départ des canaux énergétiques (appelés nadi dans le système du yoga indien) qui assurent la circulation de l’énergie. Quand l’énergie est déséquilibrée (bloquée, concentrée, etc.), cela se répercute sur le corps. Les praticiens en thérapies énergétiques visent à rétablir l’équilibre énergétique et harmoniser les vibrations. Le praticien sert en fait de canal à l’énergie. Il fait le lien entre la personne et la source d’énergie universelle. Son rôle consiste à laisser passer l’énergie à travers lui. Travail d’humilité, s’il en est un!

Des études montrent que les pratiques de soins dans les hôpitaux intègrent de plus en plus ces techniques. Aux États-Unis, l’utilisation de thérapies alternatives est passée de 34 % à 40 % entre 1990 et 1997. On évalue à plus de 30 000 infirmières qui utilisent le Healing Touch et le toucher thérapeutique dans ce même pays4. Dans les années 1990, le toucher thérapeutique était intégré dans plus de 80 programmes de formation infirmière dans 68 pays5. De nombreuses infirmières pratiquent ces techniques sans que ce soit officiellement admis. Il est possible de pratiquer discrètement ces techniques, car elles reposent d’abord et avant tout sur l’intention et la foi : « L’énergie suit la pensée ». Toutefois, de plus en plus d’hôpitaux aux États-Unis, en Australie et au Canada commencent à s’intéresser à ces formes de thérapies et à les intégrer dans leurs services. Elles sont utiles autant aux patients qu’au personnel de ces centres de santé. À Toronto, l’hôpital Mount Sinai offre des services de Reiki, de toucher thérapeutique et de Healing Touch.

Les études, encore trop rares, montrent que ces techniques ont une certaine efficacité en complément des traitements traditionnels. Elles permettent de réduire l’anxiété préopératoire et la douleur postopératoire et elles accélèrent le processus de guérison dans certains cas. Certains résultats montrent un potentiel du côté du Reiki pour diminuer la douleur dans le cas d’opérations dentaires alors que les praticiens sont éloignés physiquement du patient6.
D’autres études, avec plus de ressources et à plus large échelle, doivent être menées pour évaluer l’efficacité et pour démontrer le potentiel économique de ces thérapies énergétiques. Si on pouvait mettre une fraction des sommes qu’on met dans la recherche pharmaceutique sur ces techniques, nous pourrions très rapidement en découvrir la valeur.

Ces techniques nous permettent par ailleurs d’aborder la santé et le bien-être dans un sens large qui intègre tous les plans de notre être : physique, psychologique (mental et émotif) et spirituel. Elles peuvent être utilisées avant même l’apparition de troubles de santé, dans un souci de développer notre qualité de vie et de nous ouvrir à nos dimensions spirituelles.
Travailler avec cette forme d’énergie constitue un travail spirituel. La foi, l’esprit et le cœur du praticien sont des outils essentiels à ce travail. Le praticien fait un travail sur lui-même pour devenir conscient de ses corps subtils et pour ouvrir son cœur et le purifier de ce qui empêche son plein rayonnement.

La personne qui bénéficie d’un traitement énergétique peut observer que l’énergie opère tant sur le plan physique que psychologique et spirituel. Plusieurs personnes ont des sensations ou des visions qui sont des sources d’informations sur leur état d’être. Plus largement, ces techniques peuvent servir à chacun dans son propre cheminement spirituel. C’est cette dimension qui contient les clés de la santé et du bien-être et de la guérison intérieure. La guérison est toujours une étape dans le cheminement de l’âme vers la lumière7. Nous sommes en voie de guérison. De plus en plus de praticiens en thérapies énergétiques nous rappelent que la véritable guérison se produit sur le plan spirituel.

Les auteurs Carolji Corbeil et Éric Forgues
sont Maîtres-enseignants Reiki et Praticiens en Healing Touch
Moncton, Nouveau-Brunswick, Canada

1 On pourrait inclure également la réflexologie, l’acupunc-ture et certaines formes de massage qui sont toutes fondées sur une connaissance de l’énergie.
2 D. Krieger, The Therapeutic Touch, How to Use Your Hands to Help or Heal, Englewood Cliffs, NJ, Prentice Hall, 1992.
3 Ces données proviennent de l’article de Joan Engebretson et Diane Wind, « Experience of a Reiki session », Alternative Therapies, mars-avril 2002, vol. 8, no 2.
4 Barbara Scales, « CAMPing in the PACU: Using Complementary and Alternative Medical Practices in the PACU », Journal of PeriAnesthesia Nursing, vol. 16, no 5 (octobre, 2001), p. 325-334.
5 Reiki : Adjunctive therapy for analgesia, Biological Therapies in Dentistry, février-mars 2001, vol. 16, no 5.
6 Nous parlons ici de guérison au sens large : la guérison du corps, du cœur et de l’âme prise comme un tout. Le praticien ne pose aucun diagnostic et ne prétend pas traiter la maladie. C’est la lumière qui guérit. Le praticien ne fait qu’accompagner la personne dans ce processus et la guider humblement.

Le Pouvoir de guérison d'un peuple ( Grand Dérangement - Déportation des Acadiens)

Le pouvoir de guérison d'un peuple par Carolji Corbeil et Eric Forgues, magazine Wellness Networker, janvier 2006, Nouveau-Brunswick.

Individuelle ou collective, la guérison fait appel à un profond respect des expériences vécues et des convictions de ceux et celles qui sont concernés. Dans cet esprit de respect et de reconnaissance, nous souhaitons partager avec vous cette réflexion sur le pouvoir de guérison d’un peuple.

Le 28 juillet dernier, le journal l’Acadie Nouvelle publiait un éditorial portant sur la journée de commémoration du Grand Dérangement dont voici un extrait : "…, l'Acadie a demandé à la Couronne d'exprimer le regret d'avoir infligé à notre peuple de graves préjudices. Comme réponses, elle a obtenu une reconnaissance officielle "des faits historiques. Le regret, c'était trop demander. Impossible, donc de tourner la page. Le 28 juillet de chaque année ne commémorera jamais la guérison d'une blessure. Il rappellera la blessure elle-même, tant que la Couronne n'en viendra pas à de meilleurs sentiments."[1]

Cet extrait nous amène à nous interroger sur le processus de guérison lorsque la blessure est collective et qu’elle afflige tout un peuple. Cette prise de conscience d’un traumatisme collectif favorise un éveil pouvant conduire au rétablissement d’une relation solide et durable qui nous place sur un pied d’égalité avec ceux qui nous ont fait du tort. Parfois, des émotions fortes émergent de cette prise de conscience et alimentent un désir de nommer les coupables, de vivre dans le jugement et d’exiger des excuses. Nous exprimons et dévoilons ainsi notre détresse en projetant hors de nous un mal qui nous habite. Il peut alors être tentant de fuir notre responsabilité à son égard.

L’importance que revêt le Grand dérangement dans l’imaginaire collectif du peuple acadien témoigne d’une blessure ancrée à des profondeurs insoupçonnées au cœur de son identité faisant ombrage à ses efforts de guérison. Comment un peuple peut-il guérir des traumatismes de son passé? Où se situe la guérison entre ceux qui cultivent cette mémoire au point d’en faire l’acte fondateur de l’Acadie et ceux qui affirment qu’il faut vivre dans le présent et cesser d’évoquer ce souvenir ? Au fait, y a-t-il une volonté de guérison?

L’évocation régulière dans les journaux et les événements du Grand dérangement nous a rappelé le livre audio de Caroline Myss Why people don’t heal [2]. Dans cette conférence, Caroline Myss se demande pourquoi certaines personnes ne guérissent pas. Il arrive que la blessure donne sens à la vie de certaines personnes qui se définissent à partir d’elle en développant un langage autour de celle-ci.

Ces personnes passent d’une thérapie à une autre, mais elles ne guérissent pas. Elles prennent la barque de la guérison, mais au lieu de se rendre sur l’autre rive, elles restent au milieu de la rivière et tournent en rond. Elles développent des liens avec d’autres personnes autour de leurs blessures. Elles se créent un réseau d’amis et de connaissances par et autour de cette blessure qui donne un sens à leur existence et contribue à définir leur identité. Elles entretiennent ce que Caroline Myss appelle en anglais la woundology [3], c’est-à-dire l’établissement des relations à travers les blessures. Dit sans détour, la woundology permet l’utilisation des blessures pour se définir, marquer sa différence, déterminer avec qui et à quelle condition nous créons des liens et même parfois manipuler l’autre en jouant sur sa culpabilité.

Par extension, nous pouvons appliquer ce raisonnement à un peuple. Que fait le peuple acadien avec sa blessure? Souhaite-t-il guérir ou préfère-t-il entretenir sa blessure collective pour servir des fins identitaires, politiques, voire économiques? Sachant que la guérison d’un peuple passe par des actions et des événements collectifs dont la portée symbolique est réparatrice, quel rôle pourraient jouer les élites pour favoriser un mouvement de guérison et de réparation à l’échelle collective? Quelles actions peuvent faciliter la guérison, si tant est qu’une volonté collective aille en ce sens?

Nous pourrions croire que la guérison passe préalablement par une demande d’excuse, qui pourrait s’accompagner de compensations économiques pour réparer les torts causés au peuple acadien. La persistante revendication d’excuses ne fait qu'entretenir la blessure et risque de nous cantonner dans un rôle de victime. Nous croyons que la guérison s’amorce bien avant que l’autre présente ses excuses. Le pouvoir réel de guérison du peuple acadien se manifeste dans le pardon. La présentation d’excuses n’aura d’effet que si elle complète le mouvement de guérison déjà amorcé par le pardon, présageant la réconciliation. Le pardon permet d’intégrer le traumatisme, sans l’oublier, en traversant et dépassant sa douleur. La place et l’importance historiques de l’événement traumatisant seront alors relativisées et le peuple acadien pourra renouer avec des événements fondateurs plus positifs de son histoire.

Le peuple acadien peut s’inspirer de l’expérience des autochtones qui ont aussi connu des événements traumatisants et qui ont développé une réflexion et des initiatives pour entamer un processus de guérison en tant que peuple. La Fondation Autochtone de Guérison [4], dont la mission est d'appuyer les peuples autochtones et de les encourager à concevoir, développer et renforcer des démarches de guérison communautaires, a récemment créé une journée nationale de la guérison et de la réconciliation qui a lieu le 26 mai de chaque année. Plusieurs autres initiatives ont lieu dans les communautés autochtones afin de redécouvrir leur héritage spirituel et se donner des repères positifs pour définir leur identité.

Les traditions de guérison holistique des autochtones reconnaissent l’importance de la collectivité dans le processus de guérison en mettant l’accent sur les liens qui relient les membres de la communauté. Les guérisseurs autochtones enseignent que le mouvement de guérison passe par le rétablissement du lien avec l’autre et la collectivité. En formant des cercles de guérison [5], les participants peuvent s’adresser à leur communauté pour trouver ou offrir leur soutien.

Le programme de justice réparatrice mis sur pieds dans la communauté Elsipogtog au Nouveau-Brunswick, par exemple, s’inspire du modèle de justice traditionnelle qui vise à restaurer l’harmonie et le mieux-être de l’ensemble de la communauté[6]. Celui qui a causé un tort doit reconnaître sa responsabilité devant la collectivité. La reconnaissance de son geste fait parti du cercle de guérison. En ayant rompu l’équilibre et l’harmonie au sein de la communauté, il doit participer volontairement à leur rétablissement. Il doit également guérir et sa guérison est directement liée à celle des membres de la communauté. Dans cette perspective, la justice n’est pas séparée de la guérison qui touche à la dimension individuelle et collective, mais aussi mentale, émotionnelle et spirituelle. Lorsque la justice est restaurée, c’est l’équilibre global et le mieux-être qui sont restaurés.

Une blessure collective masque une réalité complexe. En tant que membre d’un peuple, nous transportons, à différents degrés, les blessures de notre histoire qui se transmettent à travers nos liens sociaux, en renouvelant la mémoire du traumatisme de génération en génération. Parce que nous cultivons cette blessure émotionnelle, l’imaginaire d’un peuple demeure captif de la souffrance du passé. Ce qui peut l'empêcher de profiter pleinement des opportunités pour se développer.

En l’absence d’un processus de guérison collective, l'identité d’un peuple tend à se construire à partir d'une blessure rendue vivante et actuelle par le devoir de mémoire. Il peut arriver que nous ne ressentions pas le besoin de guérir, puisque nous entretenons nos relations avec les autres à travers la similitude de cette blessure qui représente une caractéristique distinctive de notre identité collective. Dès lors, l'empreinte de la mémoire collective s'enfouie en nous et se voile derrière une densité émotionnelle entretenue par la peur du changement, la peur de l’autre et parfois même la peur de guérir.

La guérison se vit au présent et s'amorce par une volonté de détachement à l'égard d'une blessure qui nous maintient dans la mémoire du passé. La guérison passe par la manifestation claire et sans équivoque de notre intention de guérir. Intégrer l'expérience d'une blessure émotionnelle suppose de la reconnaître et de l’intégrer sans créer de pôle de résistance et de conflit. Se libérer de la mémoire d'une blessure émotionnelle collective dégage une énergie nouvelle qui nous permet de mieux participer à la création libre et spontanée du destin d’un peuple.
Par des gestes collectifs dont la portée symbolique rejoint l’ensemble de la communauté, nous pouvons amorcer un processus de guérison qui nous libèrera des blessures collectives. Nous pouvons rétablir l’équilibre rompu entre les membres de la communauté et permettre l’émergence de notre véritable nature créative, où nous pourrons développer notre plein potentiel de relation d’équanimité avec les autres.

Les auteurs Carolji Corbeil et Eric Forgues
sont Maîtres-enseignants Reiki et Praticiens en Healing Touch.
Moncton, Nouveau-Brunswick, Canada
Références:

1 Éditorial de M. Maurice Rainville, L’Acadie Nouvelle, 28 juillet 2005
2 Livre audio « Why people don’t heal », Caroline Myss, http://www.myss.com/
3 Fondation Autochtone de Guérison, http://www.ahf.ca/
4 La Journée Nationale de la Guérison et de la Réconciliation (NDHR) http://www.ndhr.ca/
5 Cercles de guérison http://www.upei.ca/si/si2004/html/Circle%20of%20Health.pdf
6 Elsipogtog programme de justice réparatrice www.upei.ca/SI/Tammy_Augustine-St.JohnPresentation.pdf